Envoyer l'article par email

Courriels des destinataires séparés par des virgules.
Transformation digitale de l’immobilier : le coup d’accélérateur de la crise sanitaire
05.02.21

Avec la pandémie de coronavirus, le secteur immobilier revoit sa copie en matière d’usages numériques. Davantage d’interactions virtuelles, de relations à distance, des processus modifiés grâce au digital… Et un impératif  : faire rimer proximité, services et cybersécurité.

L’apport déterminant du numérique pendant le confinement

Dès le 17 mars 2020, le premier confinement a mis un coup d’arrêt aux visites « physiques » de biens immobiliers. Et ce, pendant près de deux mois. En coulisses pourtant, les acteurs de l’immobilier ont saisi tout l’enjeu des outils numériques, comme les applications mobiles ou la signature électronique, pour maintenir une activité, garder le lien avec leurs clients et prospects, et faire aboutir les projets en cours.

La signature des actes notariés à distance, autorisée par décret début avril, a ainsi permis de finaliser des dossiers en suspens. D’après un sondage Opinion System réalisé en avril et mai auprès de 223 agences immobilières, cette nouveauté est vue comme « une avancée majeure » pour 87 % d’entre elles. Dans cette même étude, la visioconférence (massivement utilisée durant le confinement) a démontré son intérêt pour 69 % des agences interrogées. Idem pour les visites virtuelles, jugées utiles par 58 % des agents immobiliers. Quant à la dématérialisation des documents liés à la gestion des biens, considérée à 83 % comme « indispensable », elle ne fait plus débat. C’est dit : le secteur ne semble plus émettre le moindre doute quant à la nécessité de se transformer.

Sur la voie de la digitalisation, malgré une adoption contrastée 

Testés durant le premier confinement, les outils digitaux incitent de nombreux professionnels à revoir leurs usages sur le long terme. Sites web, applications mobiles, extranets modernisés pour les syndics, signature électronique, estimation et état des lieux à distance, visites virtuelles… le panel des solutions s’élargit irrémédiablement et se déploie à plus grande échelle lors du second confinement.

Une prise de conscience qui masque cependant l’inégale maturité numérique des acteurs de l’immobilier. Selon cette même étude Opinion System, l’écart est significatif entre les plus petites agences et celles de plus de 10 collaborateurs et collaboratrices. Par exemple, l’état des lieux dématérialisé est adopté à 36 % par les petites agences, contre 74 % pour les grosses. De la même façon, l’estimation gratuite à distance est pratiquée par 45 % des petites agences, contre 78 % pour lorsqu’il y a plus de 10 collaborateurs. Ainsi, la crise n’aura pas accéléré la digitalisation du secteur de manière uniforme.

Un virage à négocier pour éviter la disruption…

Ces opportunités d’évolution sont d’autant plus essentielles à saisir que l’écosystème des start-up spécialisées dans l’immobilier se développe. Regroupées sous la bannière French Proptech, plus de 400 entreprises innovantes secouent déjà un marché en pleine mutation. 

Les start-up redéfinissent ainsi les contours de « la gestion locative et de la transaction » : facilitation de la sélection des locataires, amélioration de la relation locataire, matching ultrasophistiqué pour la recherche de biens, simulation immersive pour les visites…

 … avec de nouveaux risques à maîtriser 

Cependant, l’adoption des nouvelles technologies et la modification des process ne vont pas sans exposition aux cybermenaces. Dès mars 2020, des milliers de sites malveillants sont par exemple apparus en lien avec le coronavirus. Et, plus globalement, l’utilisation des canaux digitaux ouvre la voie à des risques inédits.

De quoi inciter à une extrême prudence, en choisissant de se prémunir et de souscrire une assurance cybersécurité spécialement destinée aux acteurs de l’immobilier.

Les entreprises semblent d’ailleurs de plus en plus conscientes du besoin impérieux de se protéger. Début 2020, le CESIN (Club des experts de la sécurité de l’information et du numérique), publiait une étude indiquant que « 60 % des entreprises interrogées ont souscrit à une cyberassurance, et 13 % sont en cours de souscription, des chiffres en hausse constante ces trois dernières années ».