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Courriels des destinataires séparés par des virgules.
17.05.21

La crise a-t-elle modifié les envies d’achat immobilier des millennials ?

Ils sont nés entre la fin des années 1980 et celle des années 1990. Et ils rêvent d’acquérir un bien immobilier. Malgré un contexte incertain, les millennials (ou génération Y) maintiennent le cap avec un optimisme teinté de pragmatisme. Décryptage.

 

Investir dans l’immobilier : toujours au hit-parade des aspirations

La baisse régulière des taux immobiliers ces dernières années n’y est sans doute pas étrangère. Les Français et Françaises achètent un bien immobilier de plus en plus tôt : à 32 ans en moyenne, avec un pic d’acquisition entre 25 et 30 ans, selon Harris Interactive. Et qu’importe la crise sanitaire, les millennials ne semblent pas disposés à tirer un trait sur leurs objectifs. Interrogés par l’Ifop pour Optihome au sortir du premier confinement de mars 2020, ils représentent la première tranche d’âge (28 %) à déclarer vouloir investir leur épargne dans l’achat d’un bien immobilier en vue d’en faire leur résidence principale. 

En octobre 2020, l’immobilier était toujours en tête des projets selon le baromètre « Mon petit placement ». Épargner en vue d’un projet immobilier mobilise les moins de 30 ans, qui en font la priorité à 43 %. Tandis que, passée la quarantaine, le focus est mis sur la retraite. 

Une valeur refuge qui se confirme

D’un confinement à l’autre, les millennials ont gardé le cap. Dans un rapport Harris Interactive pour Imop (février 2021), 58 % des moins de 35 ans déclarent avoir un projet immobilier dans les 12 mois à venir. Ils sont même 67 % des 24-35 ans à caresser le rêve de devenir propriétaire dans une récente enquête Ifop – Capfi (mars 2021). Un chiffre qui explose selon l’enquête Harris Interactive pour Procivis (décembre 2020) où 78 % des moins de 35 ans assurent vouloir devenir propriétaire. L’immobilier semble, plus que jamais, représenter une valeur sûre pour la génération Y. Et la crise n’y a rien changé.

Le Graal de l’achat d’un logement en ville…

L’envie d’acheter ne fait pas débat pour cette génération active et hyperconnectée (on les appelle aussi les « digital natives »). Leur localisation idéale non plus ! Et c’est en ville que cela se passe. Dans le baromètre Opinion-Way pour Artémis (octobre 2020), les 18-24 ans représentent la tranche d’âge où l’envie d’achat d’un logement en ville arrive en tête (30 %), contre 5 % en zone rurale.

L’Observatoire SeLoger – Empruntis (mars 2021) qui radiographie les aspirations des millennials va dans le même sens. Ils sont en effet 6 sur 10 à envisager leur projet dans une ville de plus de 60 000 habitants. La mise au vert qui semble séduire les autres générations… très peu pour elles et pour eux ! Dans le top 10 de la génération Y, on trouve Paris, Lyon, Marseille, mais aussi Bordeaux, Nantes, Lille, Annecy, Asnières-sur-Seine et Villeurbanne.

… mais dans un environnement plus qualitatif

Face aux grandes métropoles, les villes moyennes semblent garder une longueur d’avance dans le cœur des jeunes. L’institut BVA les a ainsi sondés en janvier 2021. La ville idéale des millennials, c’est d’abord une ville conviviale et tournée vers la nature. Un espace urbain, disposant pour 48 % d’entre eux d’espaces verts et de lieux végétalisés, puis privilégiant l’humain et la convivialité. Ils doivent « pouvoir, dans un même espace, travailler, se cultiver, partager des moments de convivialité, faire du sport, faire ses achats divers ». Sur leur podium d’après BVA : Bordeaux, Aix-en-Provence, Lyon, Annecy et Montpellier.

Une génération qui reste confiante en ses capacités financières

Pour faire de leur rêve de ville agréable à vivre une réalité tangible, les millennials restent à l’affût. Et qu’importe la crise sanitaire. Dans l’observatoire SeLoger – Empruntis, ils sont 53 % à penser que la crise sanitaire suscitera de nouvelles opportunités, et 42 % d'entre eux estiment que c’est le bon moment pour acheter.

D’autant qu’ils affichent une belle confiance quant à leur pouvoir d’achat. Les moins de 35 ans sont presque 1 sur 4 à penser que leur pouvoir d’achat ira en s'améliorant (23 %), contre 18 % pour les acquéreurs en général. Et la majorité des millennials (55 %)  anticipe même une stabilisation de leur pouvoir d’achat dans les 6 prochains mois. Dans l’enquête Ifop – Capfi, 52 % des 25-34 ans déclarent également avoir les moyens financiers de devenir propriétaires.

L’enjeu de l’accompagnement

Malgré un optimisme à toute épreuve, la génération Y n’en demeure pas moins lucide. Une forme d’inquiétude pointe lorsqu’il est question de prêt immobilier. Un élément souligné par l’observatoire SeLoger – Empruntis. 39 % des millennials craignent ainsi de ne pas obtenir leur crédit immobilier. 61% des primo-accédants envisagent même une hausse des taux alors qu’ils sont au plus bas depuis plusieurs mois.

Dans ce contexte, l’agent immobilier a pleinement un rôle à jouer en renforçant son accompagnement en direction de cette génération. Comment ? En ouvrant son carnet d’adresses, en créant du lien avec banquiers et courtiers. Histoire de mettre toutes les chances du côté de cette clientèle bouillonnante de projets !